300, ou l'Histoire vue par Frank Miller, sauce sanguinolente sur son lit de perfection !



Un souvenir des cours d’histoire du collège me revient à l’instant en mémoire. En étudiant la Grèce Antique, tous, nous apprîmes (à moins qu’à force de rêveries, je n’ai manqué une part de la leçon) que la péninsule du Péloponnèse était dominée par la belle Athènes, cité glorieuse, démocratique et fleuron de la philosophie antique. Qu’elle fut vaincue par sa méchante sœur guerrière et sauvage : Sparte. Cette idée prémâchée vola en éclats à la lecture du « graphic novel » de Frank Miller 300. Sparte, Léonidas et ses hoplites valeureux guerriers sont désormais de vrais héros à faire passer Rambo pour un couard !

Trublion du comics américain, Miller a toujours chiffonné le puritanisme et surtout le manichéisme de ce petit monde. Une fois émancipé de l’hégémonique Marvel, tout ses héros ouvrirent une brèche dans le petit monde asceptisé des super-héros, que se soit la psychédélique Elektra ou son Batman sociopathe. Et si Sin City est a fortiori l’œuvre la plus connue de Frank Miller (et ce avant même le carton de l’adaptation cinéma), 300 est assurément la plus marquante. Suite logique de sa carrière d’auteur, 300 en fut l’interlude paroxysmique : cette série est d’une brutalité orchestrée de mains de maître. Ici sa maîtrise unique du clair-obscur est au service de l’épique récit de la bataille des Thermopyles. Dans une débauche d’effets visuels, la légende spartiate, l’héroïque résistance de 300 guerriers grecs face à la gigantesque armée perse s’accomplit sous nos yeux ébahis en une ode à la violence et à la guerre. Les couleurs tranchantes dominent. Le pourpre, notamment, vole la vedette au noir profond dans une grande confusion de sang et des ténèbres. Et en cela, l’adaptation au 7ème Art est si fidèle que le film et la BD se confondent. Un péplum, car il s’agit de ça, un spectacle juste pour les yeux. Oubliez vos méninges au vestiaire et laissez vous bluffer par ce qui se fait de mieux en matière d’effets et de qualité d’image pour un mimétisme de chaque instant avec l’œuvre d’origine. Chaque plan est tiré de la BD, chaque dessin de Miller se retrouve placardé à l’écran. La méthode Frank Miller (et a fortiori celle de Zack Snyder) appliquée à la mythologie grecque est une apothéose stylistique.

Si toutes les légendes de l’Antiquité s’appliquaient si aisément à la BD et à l’écran, on aurait tôt fait de révolutionner les leçons d’histoire !

(Rédigé par Nicolas)


En aparté, notons la future adaptation d'une autre série de Frank Miller : Ronin. Produit par Gianni Nunnari (qui est déjà de la partie sur 300 mais aussi sur Les Infiltrés de Scorsese), le très talentueux Darren Aronofsky (Pi, Requiem For A Dream, The Fountain) devait se charger de la réalisation ; mais ce sera finalement Sylvain White, responsable entr'autres de Souviens-toi l'Eté Dernier, qui s'y collera... De quoi être inquiet...
Espérons au moins que Sin City 2, prévu en 2008, soit à la hauteur du premier !


1. Commentaire de Dryman le 11 juin 2007 à 12h22
Bonjour à tous les cinéphiles ! Je vous invite tous (allez, c'est gratos! ) à visiter le blog de La Nébuleuse BD consacré au 7ème art ! : parodies d'affiches, strips décalés, clins d'oeil au grands moments de cinéma, la complète en bédé !

Allez go ! C'est en ce moment, pendant tout le mois de juin 2007 ! Et n'hésitez pas à laisser un petit "commentaire" aux auteurs !

Adresse : http://nebuleusebd.blogspot.com/


Rédigé par Richard
Mis en ligne le 16 avril 2007